Sur l’AH33, l’étroitesse des quatre séparations longitudinales laisse une forte proportion de gomme porteuse. Sous charge, les nervures disposent ainsi d’une section importante et se déforment peu en cisaillement. Cette rigidité limite le flottement de la sculpture lors des corrections de trajectoire, mais elle réduit aussi la capacité du relief à épouser les surfaces meubles ou très irrégulières.
La faible densité d’incisions conserve presque intacte la section mécanique des nervures. Le pneu dépend donc principalement du frottement de sa gomme plutôt que d’une multiplication d’arêtes transversales. Ce choix est cohérent avec une réponse directe sur chaussée ferme, mais il offre moins de prises géométriques lors d’un freinage sur neige tassée ou sur un sol chargé de gravillons.
Les bandes d’épaule compactes résistent au repli lorsque le volant impose un effort latéral. Dans les manœuvres serrées, cette faible mobilité peut toutefois transformer une partie du mouvement en ripage à la périphérie de l’empreinte. La rainure située près de chaque bord délimite en outre un rail extérieur relativement étroit: sa pression de contact peut évoluer sensiblement avec le carrossage ou le parallélisme, ce qui appelle un réglage rigoureux du train roulant.
Le tracé légèrement ondulé de certaines rainures évite qu’une unique cavité parfaitement rectiligne domine l’excitation acoustique. Associé au petit nombre d’entailles transversales, il limite la répétition de chocs de blocs, puisqu’aucun pavé indépendant ne vient frapper successivement la chaussée. En contrepartie, les passages étroits et leurs légères variations de largeur peuvent retenir plus facilement de petits cailloux qu’un dessin largement ouvert.