La lecture mécanique du H220 fait apparaître cinq bandes porteuses relativement étroites, séparées longitudinalement. Cette division limite les liaisons transversales directes entre les deux côtés de l’empreinte: lorsqu’un effort de braquage apparaît, il doit être relayé d’une rangée à l’autre par les petits ponts de gomme ménagés entre les découpes. La montée de l’effort latéral peut donc être moins homogène que sur une bande centrale plus monolithique.
La forte densité de découpes appliquée à des pavés centraux longs et inclinés produit un rapport élevé entre longueur d’arêtes et section résistante. Sous une sollicitation légère, ces arêtes donnent de nombreux points d’accrochage. Sous un freinage appuyé ou dans un changement de direction rapide, la même géométrie laisse toutefois chaque pavé travailler avec une base étroite: le sommet peut se déplacer avant que l’ensemble du bloc ne transmette pleinement l’effort. Ce décalage favorise une réponse moins immédiate et une transition de grip difficile à doser.
Le dessin présente aussi un contraste marqué entre un centre finement découpé et des épaules possédant davantage de gomme continue. Ce gradient de rigidité n’est pas réparti de façon identique des deux côtés. En entrée de courbe, la charge se déplace donc vers des éléments dont la résistance au cisaillement change rapidement selon le côté sollicité. Cette progression discontinue peut contribuer au caractère nerveux du H220 et à des réactions différentes entre mise en appui initiale et stabilisation en courbe.
Sur chaussée mouillée, les voies longitudinales offrent une capacité de circulation de l’eau dans l’axe du pneu, mais les sorties latérales restent courtes au niveau des épaules. Lors d’un freinage avec angle de volant, l’eau déplacée sous les rangées intermédiaires doit emprunter les raccords obliques avant de rejoindre une sortie périphérique. Ces changements de direction constituent des étranglements locaux: la présence de plusieurs voies longitudinales ne suffit donc pas à assurer une vidange rapide de l’empreinte lorsque l’effort devient simultanément longitudinal et latéral.
La répétition régulière des petites ouvertures d’épaule peut enfin imprimer une tonalité particulière au passage dans l’empreinte, sans entraîner un niveau sonore global élevé. Les arêtes inclinées des rangées centrales reçoivent parallèlement des efforts alternés sur leurs deux extrémités, ce qui peut arrondir progressivement leurs angles et diminuer la netteté de la réponse au fil de l’usure.