La géométrie du TZY 65 se distingue par un rapport plein/creux très contrasté: les pavés conservent de larges sections de gomme, mais leurs contours sont fortement individualisés. Cette combinaison donne à chaque élément une assise relativement ferme tout en laissant davantage de liberté au pavé complet qu’à une bande circonférentielle. Sous charge statique, le sommet d’un bloc s’affaisse donc peu en son centre, tandis que ses bords et ses angles peuvent concentrer davantage de pression.
Les découpes fines étant rares, les pavés ne sont pas divisés en petits éléments souples. Leur raideur locale reste élevée et les mouvements internes de la gomme sont contenus. En contrepartie, la surface de contact épouse moins finement les très petites irrégularités d’un sol dur et poli: la mise en appui dépend davantage des arêtes principales et de la déformation globale de chaque pavé.
Le tracé sinueux des deux couloirs principaux fait varier la largeur des ponts de gomme qui relient visuellement les différentes zones de la bande. Il n’existe donc pas une ligne de flexion uniforme parallèle à l’axe du pneu. Cette architecture évite qu’une même section transversale soit systématiquement la plus faible, mais elle crée une alternance de zones plus fermes et de passages plus flexibles. La pression au sol peut ainsi présenter de petites variations longitudinales, notamment autour des rétrécissements et des jonctions obliques.
Le décalage des éléments médians et intermédiaires empêche les séparations transversales de se retrouver toutes sur une même ligne. Dans l’empreinte, une rangée conserve donc une surface porteuse pendant qu’une autre traverse un intervalle. En roulage routier, cette succession rend l’entrée des pavés dans le contact moins simultanée qu’avec des barrettes alignées, ce qui répartit mieux les chocs dans le temps. Les grands intervalles entre blocs restent toutefois susceptibles de produire un grondement à basse fréquence, particulièrement à faible vitesse sur un revêtement rigide.
Les contours arrondis des pavés extérieurs limitent les pointes géométriques au bord de l’empreinte. À charge verticale, ils rendent la transition de pression moins brutale qu’un bloc à angle extérieur vif. Leur espacement réduit néanmoins la proportion de gomme porteuse près des épaules: les pavés effectivement en contact reçoivent alors une pression unitaire plus élevée. Lors des changements de cap, chaque élément extérieur prend l’effort séparément, se déforme puis se libère. Cette séquence peut rendre la réponse initiale moins immédiate qu’avec une épaule semi-continue et favoriser, sous sollicitations répétées, un écart d’usure entre le bord d’attaque et le bord de fuite des pavés.
L’association de gros éléments peu lamellisés et d’entailles larges limite le cisaillement interne de petites sous-unités de gomme. À vitesse soutenue, cela réduit une composante de l’échauffement liée au mouvement relatif des lamelles. En revanche, les blocs entiers doivent absorber les variations de charge sans subdivision: les rangées inclinées peuvent alors subir un léger mouvement latéral à chaque passage dans l’empreinte. Les orientations alternées empêchent ce mouvement de se cumuler constamment dans le même sens, mais elles peuvent laisser apparaître des bandes de pression différentes entre le centre et les rangées intermédiaires.
Le compromis propre à cette sculpture est ainsi celui d’un profil à blocs fermes mais nettement séparés. Il privilégie une assise locale importante et une mise en contact progressive grâce au décalage des pavés. Ses contreparties les plus plausibles sont une filtration acoustique moins raffinée qu’avec des nervures continues, une moindre conformité aux microaspérités et une sensibilité des pavés d’épaule au talon-pointe lorsque les phases de braquage ou de freinage sont répétées.