Le trait technique le plus distinctif du TTA 2 est l’anisotropie de son dessin: les arêtes disponibles sont presque toutes orientées dans l’axe du pneu, avec très peu de relief capable de s’opposer transversalement au déplacement. Cette géométrie laisse peu de prises mécaniques sur une surface meuble ou déformable. Dans la neige, la boue ou les gravillons, la sculpture ne peut ni cisailler efficacement la matière ni s’appuyer sur des bords transversaux nombreux.
Le réseau de vides présente également très peu de communications latérales. En présence d’une lame d’eau épaisse, d’un dévers ou d’un angle de dérive, le liquide passant sous une nervure dispose de peu de chemins courts pour rejoindre le canal voisin. Cette caractéristique distingue le comportement sous eau profonde de celui rencontré sur une chaussée simplement humide.
La finesse et la rectitude des canaux créent par ailleurs un calibre de piégeage assez précis: les petits cailloux dont la largeur correspond à l’ouverture d’une rainure peuvent s’y coincer, puis être comprimés de façon répétée contre son fond. À l’inverse, les éléments plus volumineux restent trop larges pour pénétrer profondément.
Le comportement acoustique découle lui aussi de cette architecture. Le très faible nombre d’arêtes transversales évite une succession marquée de frappes de pavés à l’entrée de l’empreinte. Les canaux rectilignes et de longueur importante peuvent toutefois former des conduits résonants et produire une tonalité étroite sur certains revêtements, plutôt qu’un bruit large de sculpture segmentée.
Enfin, lors des manœuvres très serrées d’un ensemble articulé, les anneaux de gomme ne disposent pas de joints transversaux leur permettant de pivoter localement. La différence de trajectoire entre les côtés de l’empreinte doit alors être absorbée par un glissement continu. Ce phénomène peut concentrer le frottement et la température sur les bandes périphériques, notamment pendant les demi-tours lents sur sol abrasif.