On observe une succession symétrique de barrettes obliques dépourvues de lamelles, dont les extrémités se rapprochent au sommet sans former de nervure circonférentielle. Cette architecture donne au centre une assise discontinue: la charge passe d’une paire de pointes de chevrons à la suivante plutôt que de rester portée par une bande centrale. Il en résulte des pressions locales élevées aux extrémités internes des barrettes et une rigidité longitudinale moins uniforme qu’avec une nervure centrale.
La forte largeur des barrettes et l’absence de découpes fines limitent leur déformation locale au contact d’un obstacle de petite taille. Les crampons conservent ainsi une géométrie relativement stable sous charge, mais épousent moins bien les micro-aspérités d’un revêtement lisse. Cette particularité devient surtout sensible lorsque la surface dure est simplement humide: les larges tables de gomme ne disposent d’aucune lamelle pour rompre le film résiduel sous leur centre.
Les rainures principales suivent un trajet oblique entre le sommet et les épaules. Sur une chaussée couverte d’eau, elles orientent donc le fluide vers les côtés plutôt que de le retenir dans des canaux circonférentiels. En revanche, la jonction rapprochée des chevrons au centre crée un passage plus resserré: l’eau présente sous cette zone doit rejoindre latéralement les grands intervalles avant d’être expulsée.
Les blocs d’épaule saillants forment une bordure très crénelée. Lors d’un changement de direction sur terrain meuble, leur engagement successif peut produire une réaction latérale marquée. Sur sol ferme, cette même discontinuité rend la prise d’appui moins linéaire et augmente les sollicitations de cisaillement aux angles des blocs extérieurs.
Enfin, la hauteur apparente des barrettes associée à leur importante masse de gomme crée un bras de levier notable entre leur sommet et leur embase. Lors des roulages prolongés sur surface dure, les efforts moteurs et de freinage se concentrent au pied des crampons. Cette flexion répétée peut favoriser une usure talon-pointe des barrettes et un échauffement localisé à leur base, particulièrement si les efforts changent souvent de sens.