L’architecture de l’ATR Sport est strictement équilibrée entre ses deux demi-bandes. Cette symétrie donne aux côtés gauche et droit des proportions comparables de gomme et de creux, mais elle exclut toute spécialisation structurelle entre une épaule intérieure et une épaule extérieure. Le dessin dépend donc davantage de la répartition générale de ses rangées que d’une zone extérieure spécialement renforcée pour les fortes sollicitations latérales.
Les quatre rainures principales divisent la couronne en cinq chemins porteurs relativement étroits. Les deux rainures internes étant sinueuses, la largeur de gomme disponible de part et d’autre varie périodiquement: certaines sections sont épaisses, tandis que d’autres forment des étranglements. Cette alternance crée une rigidité circonférentielle moins homogène que celle d’une architecture à bandes rectilignes de largeur constante. Les passages les plus étroits peuvent concentrer davantage la pression locale et fléchir plus facilement lors des changements rapides de charge.
La zone axiale ne comporte pas de large nervure droite et pleine. En roulage, les petites corrections de direction doivent donc être transmises par des éléments ondulés dont les flancs sont eux-mêmes bordés par des rainures courbes. Cette géométrie peut filtrer une partie des petites sollicitations ressenties au volant, mais elle tend aussi à rendre la réponse autour du point milieu moins franche qu’avec une nervure centrale rectiligne et massive.
Les extrémités des chevrons sont incurvées plutôt que dessinées en pointes très aiguës. Cette forme évite de créer au sommet du V de longues langues de gomme particulièrement minces et fragiles. En revanche, les variations de largeur induites par les courbes multiplient les zones où la section résistante change rapidement, avec un risque de flexion localisée sous les couples de freinage et de traction.
Le séquençage acoustique présente deux tendances opposées. La courbure des bords d’attaque et la coexistence d’éléments axiaux, obliques et transversaux répartissent les impacts sur plusieurs orientations, ce qui peut élargir le spectre sonore. Mais la parfaite correspondance géométrique entre les deux côtés peut rapprocher dans le temps l’impact des motifs homologues. Cette synchronisation conserve une composante périodique marquée, ce qui concorde avec un bruit externe de 73 dB plutôt qu’avec un comportement particulièrement discret.
La lamellisation moyenne se concentre sur des blocs déjà délimités par des découpes obliques. Autour des extrémités de ces lamelles courtes, la gomme subit des microflexions répétées qui s’ajoutent à celles provoquées par les étranglements des rangées sinueuses. Cette accumulation favorise la dissipation d’énergie et l’échauffement interne de la bande de roulement. Elle est cohérente avec le classement énergétique E ou F de l’ATR Sport.
Enfin, les pavés d’épaule inclinés sont traversés par des séparations qui ne sont pas perpendiculaires au sens de marche. Sous les efforts longitudinaux répétés, le bord amont et le bord aval d’un même pavé ne travaillent donc pas de façon identique. Une conduite riche en accélérations ou en freinages peut accentuer une usure talon-pointe sur ces blocs périphériques. Le caractère directionnel limite en outre les possibilités de permutation croisée des roues sans remontage, ce qui réduit les moyens disponibles pour compenser cette évolution d’usure.