L’ATR Sport 2 présente ici une organisation nettement longitudinale et asymétrique: quatre rainures principales divisent la bande en rangées dont la géométrie et le degré de segmentation ne sont pas identiques. Le centre n’est pas constitué d’une côte monobloc; il repose sur des pavés étroits, allongés et décalés. Cette succession évite toutefois d’aligner les coupures selon une même ligne transversale, ce qui empêcherait la formation d’une charnière géométrique unique au milieu de l’empreinte.
La proportion de gomme reste élevée dans chaque pavé en raison du faible nombre d’incisions. Les éléments disposent donc de ligaments relativement épais entre leurs bords. Cette architecture les rend moins sensibles au cisaillement interne qu’une multitude de petits pavés finement découpés, mais elle offre peu d’arêtes mobiles capables de s’imbriquer dans la neige tassée. Le dessin correspond ainsi davantage à une sculpture estivale qu’à une architecture polyvalente fortement lamellisée.
Les deux épaules n’ont pas la même continuité. L’épaule visible la plus ouverte est divisée par des encoches courtes entre de grands pavés arrondis, alors que les rangées voisines utilisent des éléments plus inclinés. Il en résulte un gradient de rigidité transversal plutôt qu’une réaction uniforme d’un bord à l’autre. Cette différenciation peut rendre la distribution d’usure sensible au côté de montage et aux sollicitations propres à chaque essieu.
En roulage prolongé, les quatre rainures constituent également des discontinuités thermiques entre les rangées. Elles exposent davantage les flancs des pavés à l’air, mais réduisent les chemins de conduction latérale dans la bande. Les rangées étroites peuvent donc connaître des variations de température plus rapides que des bandes massives reliées entre elles. Au centre, les extrémités des entailles obliques concentrent localement la flexion: elles apportent de la souplesse aux pavés, avec pour contrepartie un risque de fatigue localisée ou d’arrondissement progressif des arêtes sous des transmissions répétées de couple.
Les joints décalés des pavés centraux évitent qu’une rangée complète ne quitte ou ne reprenne simultanément le contact. Ils ne garantissent cependant pas une usure uniforme: les pavés les plus courts et les plus entaillés peuvent basculer davantage que leurs voisins, créant à terme une différence de hauteur entre bords d’attaque et de fuite. Aux épaules, la combinaison de grands rayons extérieurs et d’encoches transversales courtes limite le nombre de petits éléments fragiles, mais chaque fond d’encoche devient un point privilégié de concentration des contraintes lorsque le pavé est fortement cisaillé.