La géométrie du SL309 privilégie une réponse progressive plutôt qu’une rigidité maximale. Les quatre coupures longitudinales divisent la zone médiane en files étroites: sous charge, chacune peut se déformer avec une certaine indépendance. Cette architecture limite la concentration des contraintes sur un unique ruban central, mais elle donne moins de tenue torsionnelle qu’une large nervure pleine. La direction peut ainsi paraître moins incisive lorsque le pneumatique subit simultanément un braquage et un effort de freinage.
Les pavés rectangulaires centraux sont abondamment incisés. Cette forte densité de découpes réduit la rigidité de chaque élément et augmente ses micromouvements au passage dans l’empreinte. Sur chaussée, cela peut rendre les réactions moins sèches, mais aussi accroître l’échauffement local et accélérer l’arrondissement des arêtes lors d’un usage prolongé sous forte charge.
Les épaules, plus larges et plus continues que les rangées centrales, apportent davantage de gomme porteuse aux extrémités de l’empreinte. Elles constituent donc le principal appui latéral en courbe. Leurs fines incisions transversales évitent toutefois d’en faire des bandes totalement rigides: lors de virages répétés, les lèvres de ces incisions peuvent subir des contraintes de cisaillement et développer une usure orientée.
Les quatre canaux parallèles offrent un chemin longitudinal direct à l’eau, particulièrement pertinent lorsque le pneu roule presque sans angle de dérive. En revanche, l’absence apparente d’un réseau très oblique entre les rangées rend l’évacuation transversale moins directe en courbe ou dans une flaque abordée avec un braquage marqué.
Enfin, le léger décalage entre certaines rangées répartit dans le temps l’entrée des pavés dans l’empreinte et atténue la répétition parfaitement simultanée des impacts. La forte régularité des éléments rectangulaires et des canaux parallèles peut néanmoins entretenir une composante sonore tonale, cohérente avec un niveau de bruit extérieur annoncé de 72 dB.