Sur l’AUTOGRIP P308, on observe des pavés d’épaule larges et allongés, séparés par des découpes transversales légèrement inclinées. Cette inclinaison fait entrer chaque bord de pavé dans le contact avec la chaussée de façon progressive plutôt que simultanée. Elle peut ainsi atténuer le caractère brusque des impacts associés à la segmentation de l’épaule. La répétition assez régulière de ces découpes conserve toutefois une excitation périodique: un bruit de sculpture tonal reste possible à certaines vitesses.
Les mêmes pavés présentent deux bords distincts dans le sens du roulement. À l’entrée puis à la sortie du contact, ces bords ne subissent pas exactement les mêmes déplacements ni les mêmes sollicitations. Cette segmentation rend donc possible une différence d’usure entre l’avant et l’arrière d’un pavé, sous forme de petites marches. Il s’agit d’une sensibilité liée au dessin, et non d’une usure nécessairement présente sur chaque pneu.
Les découpes obliques incurvées et rapprochées de la bande intérieure dessinent des arêtes dont l’orientation varie le long d’une même découpe. Leur intérêt géométrique est de présenter plusieurs orientations de bord sans multiplier les petites lamelles. Elles ne constituent cependant pas un réseau dense de fines arêtes: les découpes plus ouvertes segmentent la gomme, mais ne remplacent pas une forte lamellisation pour multiplier les points d’accrochage sur une surface glacée.
La faible densité de lamelles laisse notamment les pavés d’épaule peu subdivisés. Le dessin conserve ainsi de grandes faces de gomme plutôt qu’une mosaïque de petites languettes. En contrepartie, ces faces offrent peu d’arêtes fines capables de travailler sur neige tassée ou sur glace. La présence des rainures obliques et transversales ne suffit donc pas à donner à cette sculpture le comportement d’un dessin hivernal fortement lamellisé.