L’absence d’entailles fines laisse chaque pavé travailler comme un volume de gomme monolithique. Sa partie centrale oppose donc une forte rigidité à la compression, tandis que son contour demeure la zone la plus sensible aux concentrations de contraintes. Cette différence entre un cœur massif et des angles saillants favorise une transmission franche des efforts, mais limite la capacité du relief à épouser les très petites aspérités d’un revêtement lisse.
La géométrie polygonale produit des sections variables à l’intérieur d’un même pavé: les parties larges portent davantage la charge, alors que les angles et les rétrécissements concentrent plus fortement les contraintes. Sur terrain cassant, ces extrémités peuvent subir des arrachements localisés avant que le corps principal du pavé ne soit fortement usé.
Les blocs d’épaule sont peu soutenus par les éléments voisins. Sous une sollicitation latérale, ils disposent donc d’une amplitude de flexion supérieure à celle de pavés reliés par une bande périphérique. Cette mobilité aide la bande de roulement à suivre un sol très irrégulier, mais elle augmente les mouvements de cisaillement à la base des blocs lors des passages prolongés sur chaussée dure.
En roulage, les grands éléments centraux entrent successivement dans l’empreinte au lieu d’établir un contact circonférentiel permanent. La réponse au volant peut ainsi paraître moins linéaire qu’avec une sculpture à bande centrale continue. L’agencement décalé évite toutefois que tous les pavés frappent le sol au même instant, ce qui répartit les impulsions de contact entre plusieurs positions. Il subsiste néanmoins un grondement de basse fréquence caractéristique des éléments de grande taille, surtout lorsque la vitesse augmente sur une chaussée régulière.
Sous un couple moteur élevé, la faible segmentation interne des pavés limite leur tortillement. Cette stabilité réduit une partie des pertes dues aux mouvements internes de la gomme. En contrepartie, le faible nombre d’arêtes fines offre peu de prise sur la microrugosité d’un sol compact, poli ou froid: la sculpture dépend alors davantage de ses grandes arêtes et de l’adhérence du mélange de gomme.
L’asymétrie du réseau de contacts peut enfin produire des rigidités transversales différentes entre les deux côtés de l’empreinte. Cette caractéristique ne constitue pas nécessairement un défaut, mais elle rend le comportement plus sensible au sens de montage, à la charge latérale et aux changements rapides de dévers qu’un dessin présentant deux moitiés strictement identiques.