Le trait mécanique le plus marquant du TDH 05 réside dans le contraste de rigidité entre ses pavés médians relativement morcelés et ses éléments latéraux plus volumineux. À charge verticale, la faible continuité de gomme au centre concentre une part importante de l’effort sur le sommet des pavés. Les blocs centraux disposent aussi de moins de liaisons géométriques capables de s’opposer à leur basculement que les pavés d’épaule, plus larges. Il en résulte une empreinte dont la raideur n’évolue pas uniformément lorsqu’un effort longitudinal ou latéral apparaît.
La profondeur apparente des intervalles implique des pavés assez hauts. Sur un sol ferme, leur rapport hauteur-largeur autorise une déformation de cisaillement sensible avant que l’effort ne soit transmis à la carcasse. Cette mobilité peut atténuer la brutalité des petites sollicitations, mais elle réduit la netteté de la réponse au volant et transforme davantage d’énergie en chaleur lors d’un roulage soutenu. Les arêtes d’attaque et de fuite des pavés centraux sont alors susceptibles de travailler différemment, surtout lorsque le couple appliqué reste orienté dans le même sens pendant de longues périodes.
Le décalage des rangées évite que tous les pavés entrent simultanément dans l’empreinte. Les impulsions de contact sont donc réparties dans le temps plutôt que regroupées sur une seule ligne transversale. Cette disposition limite la formation d’un battement unique très marqué, mais la diversité des formes polygonales et des espacements peut produire un bruit plus diffus, étalé sur plusieurs fréquences.
Aux épaules, la largeur supérieure des pavés leur confère une meilleure résistance au cisaillement latéral que celle des éléments médians. Lorsque la charge se déplace vers l’extérieur de l’empreinte, la transition entre le centre plus mobile et ces blocs plus rigides peut toutefois rendre la prise d’appui progressive puis plus ferme. Les séparations complètes entre pavés latéraux laissent également leurs bords avant et arrière travailler alternativement, ce qui expose cette zone à une usure en talon-pointe lors d’efforts répétés sur revêtement dur.
Dans l’ensemble, cette géométrie privilégie un relief fortement individualisé plutôt qu’une continuité de rigidité. Sa contrepartie principale sur chaussée ferme tient au mouvement interne des blocs: échauffement par hystérésis, réponse directionnelle moins immédiate et sensibilité des arêtes à une usure différenciée. Les pavés d’épaule plus massifs compensent partiellement cette souplesse au bord de l’empreinte, sans supprimer le contraste de comportement avec la partie médiane.