L’intérêt technique du DH201 réside surtout dans son anisotropie mécanique: les éléments de gomme résistent davantage à la flexion dans le sens circonférentiel qu’à la déformation transversale. Cette différence vient de l’association entre une ligne médiane peu interrompue, des files intermédiaires allongées et des épaules dont les séparations ne traversent qu’une faible profondeur de gomme. À empreinte immobile, cette organisation conserve des ponts de matière importants entre les différentes entailles. Elle donne ainsi au sommet une assise relativement ferme, mais lui laisse moins de capacité à épouser les aspérités très courtes qu’une sculpture divisée en petits pavés indépendants.
Les incisions obliques introduisent une souplesse locale sans désolidariser complètement les éléments porteurs. Leur inclinaison évite de créer une ligne de pliage purement transversale: chaque entaille sollicite simultanément la gomme en cisaillement et en flexion. Les blocs conservent donc une rigidité appréciable, tandis que les extrémités des découpes constituent des points de concentration des contraintes. Cette particularité mérite une surveillance sur les véhicules imposant beaucoup de braquage à faible vitesse, car les efforts tangentiels peuvent solliciter répétitivement ces extrémités.
En roulage, la bande médiane et les rangées adjacentes devraient produire peu de tortillement de sculpture. La mise en appui au volant peut ainsi rester progressive et lisible, sans délai marqué lié à l’écrasement de nombreux petits blocs. Cette fermeté a cependant une contrepartie: sur un revêtement granuleux, les éléments allongés suivent moins finement les microreliefs et peuvent transmettre davantage de petites vibrations.
Les pavés intermédiaires plus développés répartissent les efforts de freinage sur une surface de gomme relativement cohérente. Leurs courtes entailles inclinées échelonnent le passage des discontinuités dans l’empreinte, ce qui évite qu’une rangée entière ne se libère exactement au même instant. En revanche, la faible proportion d’arêtes franchement transversales limite la capacité de la sculpture à mordre un sol poussiéreux, gravillonné ou légèrement meuble.
Aux épaules, les longues portions de gomme séparées par des coupures peu profondes offrent une base stable lorsque la charge se déplace vers l’extérieur en courbe. Les pavés devraient moins basculer que des éléments plus courts et profondément isolés. Sous sollicitations répétées, cette même continuité peut concentrer le travail mécanique près des bords des entailles: une conduite comportant beaucoup de virages serrés peut alors arrondir progressivement ces bords plutôt que répartir l’abrasion sur de multiples petits pavés.
Le mélange non tendre renforce le caractère ferme donné par la géométrie. Avec une lamellisation qui ne fragmente pas excessivement les rangées, les pertes par déformation interne devraient rester contenues pendant un trajet stabilisé. L’envers de cette combinaison est une montée en conformité moins immédiate lorsque la gomme est froide: les petites irrégularités sont davantage franchies par le bloc entier qu’absorbées par une succession de déformations locales.
Enfin, le rythme visuel assez régulier des coupures obliques peut produire une signature acoustique plus tonale qu’un dessin utilisant des blocs de tailles et d’angles très variés. Leur inclinaison décale toutefois légèrement les instants d’entrée dans l’empreinte entre le bord intérieur et le bord extérieur d’un même pavé, ce qui atténue le caractère brutal de chaque impact.