Le TOYO Tranpath R23 présente une répartition de rigidité étagée entre le centre, les rangées intermédiaires et les bords de l’empreinte. Les quatre séparations circonférentielles fractionnent la surface porteuse en cinq bandes relativement autonomes: cette organisation limite la transmission immédiate d’un effort transversal d’une rangée à l’autre, mais elle permet à chaque bande de mieux épouser les petites variations de charge rencontrées sous l’empreinte.
La partie médiane privilégie le guidage longitudinal. Sa faible largeur la rend toutefois moins apte à reprendre seule un effort latéral important: lors d’une mise en appui, la charge doit rapidement se transférer vers les rangées intermédiaires puis vers les pavés périphériques. Cette progression devrait donner une réponse graduelle plutôt qu’un verrouillage brutal du profil, au prix d’un ressenti moins incisif qu’avec de larges bandes centrales fortement solidarisées.
La différence de gabarit entre les éléments intermédiaires et les pavés périphériques constitue un autre point déterminant. Les unités proches des bords offrent davantage de gomme pour reprendre la pression accrue en courbe. Leurs coupures courtes préservent une section résistante importante, mais elles peuvent se refermer partiellement sous une forte charge latérale. L’évacuation vers l’extérieur devient alors moins directe que le transit longitudinal assuré au milieu de l’empreinte.
La lamellisation moyenne représente un compromis de rigidité. Elle laisse subsister des ponts de gomme suffisamment épais dans les éléments allongés, tout en créant des amorces de flexion localisées. En accélération et au freinage, les bords de ces découpes participent à l’accrochage, mais les extrémités des blocs peuvent connaître une différence de sollicitation entre leur bord d’attaque et leur bord de fuite. Sur un usage répété à couple élevé, cette dissymétrie locale peut arrondir progressivement les arêtes transversales.
Enfin, la répétition régulière des entailles de part et d’autre de l’axe équilibre les impulsions latérales générées au contact du sol. Elle peut cependant concentrer une partie de l’énergie acoustique autour de fréquences récurrentes, car aucun décalage de pas très marqué n’est perceptible dans l’organisation décrite. Les orientations légèrement obliques de certaines coupures apportent un peu de dispersion, sans supprimer totalement ce risque de tonalité.