Sur le TOURADOR I-POWER EV1, les courtes incisions des éléments centraux laissent subsister des liaisons de gomme entre les portions successives du dessin. Sous un effort de freinage, ces portions doivent donc se déformer ensemble plutôt que basculer comme des pavés indépendants. Cette liaison devrait limiter les mouvements locaux des arêtes et rendre la réponse aux variations d’effort plus régulière. En contrepartie, les éléments centraux disposent de moins de liberté pour épouser individuellement les petites irrégularités du revêtement.
Les parties non incisées de l’épaule visible à droite jouent un rôle comparable dans le sens transversal: elles relient les portions entaillées et s’opposent à leur rotation séparée lorsque le pneu prend un appui en virage. La mise en charge de cette épaule devrait ainsi être moins marquée par le mouvement de petits blocs isolés. Ce choix impose toutefois un compromis hydraulique: une entaille qui s’arrête dans la gomme ne constitue pas une liaison transversale complète entre une rainure principale et le bord de la bande de roulement. L’eau située sous cette partie d’épaule doit contourner les liaisons pleines pour rejoindre une ouverture.
La faible lamellisation ajoute une autre limite identifiable. Les surfaces de gomme peu incisées comportent moins d’arêtes fines susceptibles de mordre dans une pellicule de neige tassée. Cette sculpture privilégie donc des éléments liés plutôt qu’une multiplication de petites lèvres mobiles: un avantage pour contenir les mouvements de la gomme, mais une contrepartie sur les revêtements où l’accrochage dépend fortement de ces arêtes.