Le dessin privilégie nettement la continuité circonférentielle plutôt que de grands volumes ouverts. Les quatre sillons sont suffisamment étroits et ondulés pour présenter des changements locaux de largeur: de petits graviers peuvent s’y coincer plus facilement que dans un canal rectiligne à section constante. La forte proportion de gomme visible entre les sillons laisse en revanche peu de grandes arêtes saillantes exposées aux arrachements.
La régularité des rangées centrales constitue un point acoustique particulier. Les pavés étroits se succèdent selon des intervalles proches et les rangées opposées sont presque en miroir. Si plusieurs éléments rencontrent le sol simultanément, leurs impulsions peuvent s’additionner et produire un ronflement à fréquence marquée. La légère ondulation des sillons atténue partiellement cette synchronisation, sans l’annuler puisque l’organisation générale demeure très répétitive.
Les nombreuses extrémités d’entailles sont autant de concentrations locales de contraintes. Au fil des cycles, les lèvres des découpes centrales peuvent s’émousser et les pointes des entailles devenir des zones d’amorçage de microfissures lorsque la gomme vieillit. Cette architecture réclame donc une surveillance visuelle attentive à mesure que la sculpture s’use.
Les épaules semi-continues exposent moins de coins isolés qu’une sculpture à gros blocs latéraux ouverts. Elles devraient ainsi mieux résister à l’écaillage provoqué par les manœuvres répétées sur revêtement abrasif. La contrepartie apparaît sur les sols meubles: les encoches courtes et les sorties latérales peu ouvertes libèrent moins facilement les gravillons ou la boue compacte qui pénètrent entre les éléments.
Enfin, la segmentation transversale des longues files centrales crée une succession de bords d’entrée et de sortie. Sous des couples répétés de freinage ou de motricité, ces deux côtés peuvent s’user à des vitesses différentes et former progressivement un relief en talon-pointe. Ce phénomène serait susceptible d’accentuer le bruit après plusieurs milliers de kilomètres, même si la sculpture neuve reste visuellement régulière.