L’intérêt mécanique du Classe Premiere CP661 réside notamment dans le contraste entre ses petits pavés intermédiaires allongés et ses blocs d’épaule plus larges. Ces deux ensembles ne présentent pas la même liberté de déformation: les découpes obliques et incurvées subdivisent les rangées intermédiaires en unités étroites, tandis que chaque bloc d’épaule conserve une emprise de gomme plus importante. À profondeur de découpe comparable, les éléments intermédiaires sont donc plus susceptibles de fléchir individuellement que les blocs périphériques.
Cette subdivision permet une adaptation locale aux petites irrégularités du revêtement: un pavé intermédiaire peut se déformer sans entraîner une longue portion de bande voisine. La contrepartie tient aux bords libres créés par ses découpes. Lors d’un freinage soutenu, les extrémités de ces pavés allongés peuvent basculer légèrement, ce qui rend la pression de contact différente entre leur bord d’entrée et leur bord de sortie. Des sollicitations répétées peuvent ainsi favoriser une usure en dents de scie dans les deux rangées intermédiaires. Il s’agit d’une sensibilité mécanique du dessin, pas d’une usure inévitable.
Les épaules associent, pour leur part, des blocs larges à des séparations transversales débouchant vers les bords. Leur largeur conserve une assise de gomme importante à l’intérieur de chaque segment, mais les ouvertures empêchent l’épaule de travailler comme une bande périphérique entièrement solidaire. Sous un effort latéral marqué, la déformation peut donc se concentrer près des extrémités de ces séparations. Si un glissement apparaît, les arêtes des blocs d’épaule peuvent s’arrondir plus rapidement que leur partie médiane. Le compromis propre à cet agencement oppose ainsi l’assise des grands segments périphériques à la mobilité plus importante des petits éléments intermédiaires.