Les quatre sillons principaux occupent une part sensible de l’empreinte. Ce volume libre peut temporairement recevoir l’eau lorsque le pneu entre dans une zone détrempée, mais il réduit en contrepartie la quantité de gomme directement porteuse au centre. La bande médiane devrait donc offrir moins de rigidité longitudinale qu’une architecture dotée d’une côte centrale pleine.
La combinaison de petits éléments centraux et d’une lamellisation dense produit de nombreuses portions de gomme capables de fléchir séparément. Cette souplesse aide l’empreinte à épouser les petites irrégularités du revêtement et rend les réactions plus progressives. Sous un effort important de freinage ou de braquage, ces mêmes éléments peuvent toutefois basculer légèrement, ce qui retarde la transmission de l’effort et génère davantage de mouvements internes dans la gomme.
Les pavés élargis situés près des flancs apportent une assise plus robuste lorsque la charge se déplace latéralement. La différence de segmentation entre les deux bords crée néanmoins deux niveaux de mobilité: le côté le plus compact conserve mieux sa forme, tandis que le côté parcouru de coupures obliques se déforme plus facilement. Cette dissymétrie peut soutenir une transition d’appui progressive, mais elle rend le comportement particulièrement dépendant du respect du sens intérieur-extérieur lors du montage.
En roulage sur chaussée mouillée, la continuité circonférentielle des quatre sillons limite l’accumulation d’un coin d’eau devant les rangées centrales. Leur tracé sinueux et les changements de section imposés par les bords polygonaux peuvent cependant créer localement des zones d’écoulement moins régulières que dans des canaux parfaitement rectilignes.
Le décalage des nombreuses coupures évite que tous les pavés rencontrent la chaussée au même instant. Il tend ainsi à étaler les impulsions acoustiques plutôt qu’à produire une tonalité unique marquée. La forte densité d’arêtes peut néanmoins entretenir un bruit de roulement plus diffus sur les revêtements grossiers.
À vitesse soutenue, la mobilité des petits pavés lamellisés favorise l’échauffement par hystérésis. Elle peut aussi arrondir progressivement leurs arêtes si le pneu subit fréquemment des accélérations et freinages appuyés. Les blocs d’épaule plus volumineux devraient mieux résister à ce phénomène, tout en pouvant concentrer davantage les contraintes sur leurs bords lorsque le véhicule prend beaucoup de roulis.