La surface porteuse de l’Ultra Grip 9 est davantage morcelée au voisinage de l’axe médian que sur un profil doté d’une côte centrale pleine. À l’arrêt, cela réduit la section de gomme qui s’oppose directement aux efforts longitudinaux. Les nombreux angles des petits éléments centraux peuvent également concentrer la pression sur leurs sommets avant que la charge ne se répartisse dans le reste du pavé. Cette architecture favorise donc une empreinte riche en points d’appui, mais moins rigide qu’une bande centrale continue.
Les vides obliques occupent une part sensible de l’empreinte et coupent les chemins de gomme dans plusieurs directions. Le pneu dispose ainsi de moins de matière porteuse continue, notamment entre le centre et les épaules. Sur chaussée ferme, cette proportion de vides constitue une contrepartie directe: les commandes rapides sollicitent successivement plusieurs petits éléments au lieu de charger immédiatement une large section homogène.
Les blocs d’épaule ont par ailleurs une rigidité anisotrope. Leur axe incliné et leurs découpes leur permettent de mieux résister dans leur direction la plus longue que perpendiculairement à celle-ci. Lors d’un effort latéral, la charge ne correspond donc pas toujours à l’axe le plus rigide du pavé. Il peut en résulter une légère perte de netteté au début d’un braquage appuyé, surtout lorsque la gomme est chaude.
En roulage sous la pluie, les canaux en V divisent le débit au voisinage de l’axe puis l’orientent vers deux sorties latérales. Leur élargissement vers les épaules offre davantage de capacité à mesure que l’eau se rapproche des bords de l’empreinte. La trajectoire incurvée est cependant plus longue qu’un passage transversal rectiligne: si la sculpture est montée dans le mauvais sens de rotation, les ouvertures latérales cessent de fonctionner comme des sorties naturelles et le drainage devient sensiblement moins cohérent.
La forte densité de découpes impose aussi un compromis thermique. Sur revêtement sec, chaque passage dans l’empreinte provoque de nombreux cycles de flexion à petite échelle. Cette activité interne peut accroître l’échauffement des pavés lors d’un trajet rapide et soutenu. Elle expose également les arêtes les plus fines à un arrondissement plus précoce que les parties épaisses des blocs.
Enfin, l’organisation en miroir peut faire entrer en contact des éléments homologues des deux demi-bandes à des instants voisins. Cette répétition géométrique est susceptible de produire une composante sonore périodique. Les courbures et l’imbrication des rangées atténuent partiellement cet effet en décalant les contacts successifs, mais elles ne procurent pas la continuité acoustique d’une nervure circonférentielle uniforme.