La particularité du GITI Sport S1 SUV tient au contraste entre les petites entailles des bandes intermédiaires et les découpes transversales des épaules. Les premières ne séparent pas ces bandes en pavés indépendants: de la gomme relie encore les portions situées de part et d’autre de chaque entaille. Les secondes délimitent au contraire des pavés successifs, avec des coupures plus longues du côté droit de la vue. Cette différence crée deux niveaux de segmentation, plutôt qu’un assemblage de blocs équivalents.
À géométrie et profondeur de découpe comparables, les coupures plus longues de l’épaule droite laissent davantage de longueur de bord libre de se déformer. En appui, les mouvements locaux devraient donc se concentrer davantage autour de ces découpes que dans les bandes intermédiaires seulement ponctuées d’entailles courtes. Cela constitue une contrepartie de cette épaule plus découpée: les efforts peuvent davantage solliciter les extrémités des pavés. Cette lecture ne permet pas d’assimiler le côté droit de la vue au côté extérieur du pneu.
Les pavés d’épaule présentent également des bords transversaux distincts à leur entrée et à leur sortie de l’empreinte. Lors de sollicitations longitudinales répétées, ces bords peuvent subir des niveaux de glissement différents, avec un risque d’écart d’usure entre les deux extrémités d’un pavé. Ce phénomène concerne ici les rangées d’épaule segmentées, et non une succession de blocs centraux: les entailles courtes du centre ne produisent pas le même découpage.
Enfin, les rares incisions fines ne constituent pas un réseau serré de petites arêtes. Les longues découpes d’épaule ajoutent des bords transversaux, mais ne remplacent pas cette multiplication des arêtes à petite échelle. Sur neige tassée, la sculpture dispose donc de possibilités limitées d’accrochage par lamelles, particulièrement dans les bandes intermédiaires peu incisées.