Le DOUBLE COIN DC99 présente un contraste mécanique entre les éléments centraux étroits et les larges éléments transversaux de l’épaule visible. Ces derniers offrent des surfaces d’appui d’un seul tenant plus étendues que celles du centre: sous un effort latéral, cela peut limiter le fractionnement local du contact. Leur séparation par des découpes transversales conserve toutefois des bords libres, susceptibles de se déformer davantage que le milieu de chaque élément. L’épaule ne se comporte donc pas comme une bande pleine, même si ses pavés paraissent larges.
Au centre, l’obliquité des découpes peut rendre le passage d’un bord de gomme dans l’empreinte plus progressif qu’avec une séparation strictement transversale. Cette géométrie tend à répartir l’entrée en contact plutôt qu’à solliciter simultanément toute la largeur d’un élément. À l’épaule, la répétition des séparations transversales peut au contraire produire une succession d’excitations plus marquées. Cette différence entre les deux zones constitue un compromis acoustique, sans permettre d’attribuer un niveau sonore précis au dessin.
La faible fragmentation des surfaces par des incisions fines conserve des portions de gomme relativement solidaires entre les découpes principales. Cela peut réduire les petits mouvements internes des éléments sous les efforts de conduite, mais laisse moins d’arêtes fines capables d’accrocher une surface enneigée ou glacée. Les découpes principales ne remplacent pas le travail d’une lamellisation dense sur ces surfaces.
Enfin, les canaux longitudinaux privilégient un déplacement de l’eau dans le sens du roulement. Les découpes obliques du centre et transversales des épaules doivent assurer le complément latéral de ce drainage. Le compromis tient donc à l’articulation entre ces deux orientations: disposer de canaux profonds ne garantit pas, à lui seul, une évacuation suffisamment rapide de l’eau emprisonnée sous les éléments de gomme.