L’AT16 présente un rapport plein/creux élevé: les découpes occupent une part limitée de la surface porteuse et ne morcellent pas la gomme en éléments indépendants. Cette architecture donne aux rangées une forte section résistante sous charge, avec peu de mobilité interne et donc peu de déformation parasite entre l’entrée et la sortie de l’empreinte. En contrepartie, la faible densité d’entailles limite le nombre de micro-arêtes capables de se conformer aux aspérités très fines d’un revêtement glissant.
Au centre, la subdivision en bandes relativement étroites répartit l’appui entre plusieurs éléments plutôt que de le concentrer sur une seule côte massive. Les bords de ces bandes peuvent cependant devenir des lignes de pression privilégiées lorsque le pneu travaille avec du ripage, ce qui rend leur usure à surveiller sur les essieux soumis à de fréquentes corrections de trajectoire.
Les parties externes conservent un volume de gomme important. Elles résistent ainsi bien à l’écrasement local, mais leur faible ouverture vers les flancs crée une sortie latérale moins directe pour l’eau. Les petites découpes périphériques assouplissent ponctuellement le bord sans transformer l’épaule en rangée de blocs mobiles.
En roulage, les cinq canaux offrent plusieurs volumes parallèles de collecte de l’eau et réduisent la distance que celle-ci doit parcourir depuis les bandes centrales. Leur parcours sinueux augmente toutefois les pertes de charge par rapport à des canaux rectilignes, tandis que les bords externes peu ouverts limitent l’évacuation transversale lors du passage dans une hauteur d’eau importante.
L’absence de pavés autonomes réduit le tortillement de la sculpture à chaque tour de roue. Cela favorise une température de fonctionnement plus contenue et diminue la tendance à l’usure en dents de scie typique des rangées fortement segmentées. La contrepartie est une capacité réduite à multiplier les morsures locales sur neige, boue ou revêtement très froid.
La répétition régulière des ondulations évite qu’une arête parfaitement droite ne reste chargée de façon identique sur toute sa longueur. Elle peut ainsi répartir le frottement entre plusieurs portions de chaque bande. Cette périodicité reste néanmoins susceptible de produire une composante sonore marquée à certaines vitesses, surtout lorsque le revêtement excite simultanément plusieurs rangées.