Le point structurant de l’Alpina GT est l’absence de nervure centrale pleine. Les trois rainures principales, dont la rainure axiale en zigzag, divisent le milieu de l’empreinte en pavés imbriqués plutôt qu’en bandes circonférentielles rigides. Sous charge, chaque pavé central dispose donc d’une certaine liberté d’inclinaison, mais ses faces anguleuses viennent rapidement s’appuyer contre les éléments voisins. Cette architecture procure un soutien mutuel progressif plutôt qu’une rigidité immédiate comparable à celle d’une nervure continue.
La proportion de vides est nettement plus élevée au centre que sur les bords. Les trois sillons sinueux, auxquels s’ajoutent les séparations obliques entre pavés, réduisent la surface de gomme porteuse dans les rangées centrales. À charge identique, les sommets de ces pavés supportent ainsi une pression locale plus élevée. Cela aide la sculpture à épouser les petites irrégularités, mais augmente aussi les contraintes internes au pied des blocs.
Les pavés périphériques sont plus longs et plus proches les uns des autres que les éléments centraux. Cette différence crée un gradient de rigidité transversal: centre relativement mobile, épaules davantage soutenues. En courbe, le passage de l’appui vers l’extérieur du pneu rencontre donc une zone plus résistante à l’écrasement. La transition n’est cependant pas parfaitement homogène, car les entailles transversales des épaules conservent des lignes de flexion entre les pavés successifs.
Les nombreuses incisions fines subdivisent les pavés sans retirer autant de matière qu’une rainure ouverte. Elles rendent surtout leur partie supérieure flexible, tandis que leur base reste commune. Cette combinaison limite l’instabilité par rapport à des blocs entièrement séparés, mais elle ne supprime pas le cisaillement de la gomme au sommet de l’empreinte. Sur revêtement sec, cette mobilité peut rendre la réponse initiale moins incisive et accroître le travail interne du caoutchouc lors des changements rapides d’appui.
Les arêtes principales arrivent dans l’empreinte suivant un angle oblique plutôt que sous la forme de barrettes purement transversales. Leur mise en charge est donc progressive, ce qui atténue le choc de contact d’un pavé isolé. En revanche, la répétition régulière des V et des blocs d’épaule peut engendrer une excitation périodique perceptible à certaines vitesses, notamment sur un revêtement lisse.
L’ensemble privilégie ainsi une empreinte très articulée, dont le centre s’adapte facilement tandis que les épaules assurent un relais plus ferme. Les contreparties les plus probables sont une précision moindre lors des sollicitations brusques sur sol sec, davantage de déformation interne et une sensibilité des pavés périphériques à une usure dissymétrique entre leurs bords d’attaque et de fuite.