Le point distinctif du Cinturato C3 tient à la combinaison de cinq sillons relativement contenus en largeur et d’un réseau transversal peu ouvert. Cette géométrie conserve une forte proportion de gomme porteuse, mais elle multiplie aussi les lèvres longitudinales dans l’empreinte. La pression de contact peut donc se répartir en plusieurs bandes étroites, avec des maxima locaux au voisinage des sillons plutôt qu’un plateau uniforme.
Les incisions sont courtes et se terminent fréquemment à l’intérieur des nervures. Elles retirent peu de matière, mais leurs extrémités constituent des points de concentration des contraintes. Au fil des cycles d’entrée et de sortie de l’empreinte, ces zones peuvent devenir le siège d’un polissage ou d’une abrasion localisée, surtout si le pneu travaille longtemps sous un couple élevé.
La dominante circonférentielle laisse peu de liaisons ouvertes entre les sillons et les bords de la bande. Lorsque le pneu roule avec un angle de dérive sur une chaussée très mouillée, la composante latérale du flux rencontre donc un chemin plus contrarié que sa composante longitudinale. La réserve hydraulique disponible peut se saturer plus rapidement du côté chargé en courbe, notamment près de l’épaule dont les encoches restent courtes et peu communicantes.
L’espacement assez régulier des entailles sur plusieurs bandes crée par ailleurs une séquence répétitive d’entrées d’arêtes dans l’empreinte. Si les pas de deux nervures se rapprochent, leurs impulsions peuvent se renforcer à certaines fréquences et contribuer au bruit extérieur. Le découpage différent des deux épaules évite une synchronisation parfaite entre les deux côtés, mais l’organisation générale demeure plus périodique que celle d’un dessin à pas très irréguliers.
Les épaules arrondies donnent enfin une décroissance progressive de la quantité de gomme au bord de l’empreinte. À faible sollicitation latérale, la charge reste davantage portée par les bandes intérieures; lorsque le roulis et le carrossage sollicitent l’extérieur, la zone périphérique entre progressivement en contact. Cette progressivité limite les pics de pression au bord, au prix d’une mobilisation moins immédiate de toute la largeur d’épaule.