Le trait mécanique le plus intéressant du Transporter RF09 réside dans le contraste entre un centre très morcelé et des épaules constituées d’éléments nettement plus liés. À l’arrêt, les sections étroites délimitées par les nombreuses incisions centrales peuvent se conformer aux petites aspérités sous la charge, mais elles possèdent une rigidité en flexion inférieure à celle des pavés périphériques allongés. La couronne ne travaille donc pas comme une bande homogène: sa partie centrale est plus déformable, tandis que ses bords conservent davantage de section de gomme porteuse.
Cette différence de raideur devient sensible en roulage. Les blocs centraux fléchissent successivement à l’entrée et à la sortie de la zone de contact. Ce mouvement peut filtrer une partie des vibrations courtes produites par un revêtement granuleux, mais il augmente aussi le travail interne de la gomme. Lors de trajets rapides ou fréquemment interrompus par des freinages et des reprises, cette mobilité est susceptible d’élever l’échauffement de la couronne et de contribuer à la résistance au roulement.
Les épaules présentent un comportement distinct. Leurs pavés allongés disposent de ponts de gomme importants dans le sens longitudinal, mais les fines découpes transversales forment une succession de charnières locales. En virage, l’épaule extérieure ne bascule donc pas comme un bloc massif unique: sa mise en charge s’effectue par étapes entre les portions séparées par ces découpes. Cela peut rendre la montée de l’effort latéral plus progressive, au prix d’un léger retard de réponse lorsque les sollicitations deviennent rapides. Les fonds de ces entailles concentrent également les déformations et peuvent devenir des zones d’abrasion préférentielle si les manœuvres serrées sont nombreuses.
La répétition assez régulière des petits éléments centraux et des incisions périphériques peut produire des impacts de contact rapprochés à vitesse constante. Faute d’une forte variation apparente du pas entre éléments voisins, certaines fréquences risquent de se renforcer plutôt que de se disperser, ce qui peut se traduire par un bourdonnement perceptible sur les revêtements lisses.
Enfin, les intervalles étroits ménagés entre les blocs centraux imbriqués sont adaptés aux petits débris minéraux. Des gravillons peuvent y rester momentanément coincés, générer un cliquetis cyclique, puis être éjectés sous l’effet de la force centrifuge. Cette géométrie expose aussi ponctuellement les arêtes des blocs à de petites marques d’arrachement sur les chaussées très gravillonnées.