Le KT616 présente cinq bandes de gomme longitudinales séparées par quatre rainures principales. Le centre n’est donc pas constitué de blocs indépendants: les fines coupures transversales segmentent superficiellement des nervures qui restent continues ou quasi continues en profondeur. Cette architecture donne à chaque bande une section assez étroite. Elle répartit l’empreinte entre plusieurs lignes porteuses, mais chacune possède moins de rigidité transversale propre qu’une large nervure pleine.
La lamellisation moyenne constitue ici un compromis structurel. Les entailles créent de petites zones de flexion dans les nervures sans les transformer en séries de pavés très mobiles. Le revers est une concentration des contraintes au fond de chaque coupure, notamment lorsque les bandes étroites sont sollicitées alternativement en accélération et au freinage. Avec le kilométrage, les lèvres de ces entailles peuvent ainsi s’arrondir avant le reste de la surface.
Les quatre rainures sont plutôt rectilignes et ne présentent pas de débouchés latéraux très ouverts. Cette géométrie réduit le nombre de gros angles saillants exposés aux arrachements, mais elle offre peu de voies d’expulsion aux petits graviers qui se coincent entre deux parois parallèles. Sur un revêtement rainuré ou marqué par des raccords longitudinaux, ces mêmes arêtes parallèles peuvent également produire un léger effet de guidage et demander de petites corrections au volant.
Les épaules associent un volume de gomme important à des entailles courtes et périodiques. Il reste donc peu de coins de blocs entièrement libres, ce qui limite leur tendance à se replier ou à s’ébrécher. En revanche, la faible ouverture transversale rend cette périphérie peu apte à se débarrasser de la terre ou de la boue: les creux courts se remplissent rapidement et la sculpture perd alors une grande partie de son relief utile.
Enfin, la symétrie du dessin ne spécialise ni côté intérieur ni côté extérieur. La sculpture elle-même n’impose pas de sens de rotation, ce qui facilite les permutations croisées destinées à répartir l’usure entre les différentes positions du véhicule. Cette polyvalence géométrique a pour contrepartie l’absence d’une épaule spécifiquement renforcée ou d’une zone intérieure spécifiquement plus ouverte.