La sculpture visible du INSA TURBO MTT adopte une organisation en miroir, dominée par quatre rainures circonférentielles et par des rangées longitudinales de blocs rapprochés. Ces quatre coupures divisent géométriquement l’empreinte en cinq lignes porteuses relativement étroites. La charge verticale se répartit ainsi entre plusieurs bandes parallèles plutôt que de s’appuyer sur quelques zones très larges, mais la proportion de gomme effectivement porteuse reste réduite au droit des quatre sillons.
La ligne axiale est plus étroite et plus morcelée que ne le serait une nervure centrale pleine. Ses petits éléments successifs offrent un rapport élevé entre longueur de bord et surface de gomme. Cette caractéristique donne beaucoup d’arêtes disponibles près de l’axe du pneu, au prix d’un support central moins continu et de pressions plus concentrées sur chaque petit élément.
Les lamelles transversales et obliques sont nombreuses, y compris dans les rangées centrales. Leur croisement avec les séparations longitudinales forme une mosaïque de surfaces de contact courtes et fortement découpées. La variété d’orientation des arêtes est donc importante, mais chaque bloc conserve moins de matière continue entre deux coupures. Les extrémités des lamelles constituent également des points où les contraintes se concentrent lorsque la gomme est comprimée dans l’empreinte.
Les épaules se distinguent des rangées centrales par des bandes de gomme plus longues, interrompues seulement par des entailles courtes. Elles conservent ainsi davantage de surface porteuse contiguë que des épaules largement ouvertes. En contrepartie, chaque entaille crée une paire rapprochée de bords d’attaque et de fuite susceptible de travailler différemment au fil des passages dans l’empreinte.
En roulage, l’alignement très longitudinal des quatre rainures et des rangées de blocs favorise un guidage marqué autour du point milieu sur un revêtement régulier. Cette même dominante peut rendre le pneu plus sensible aux raccords parallèles, aux saignées et aux chaussées rainurées: les bords longitudinaux ont alors tendance à suivre ces lignes plutôt qu’à les traverser librement.
La fragmentation de la rangée axiale impose par ailleurs une succession rapide de petits contacts. Sous une sollicitation prolongée sur route sèche et chaude, ces éléments étroits peuvent connaître davantage de micro-glissements internes qu’une côte centrale pleine. La forte densité de lamelles accentue les cycles locaux d’ouverture et de fermeture, ce qui peut ajouter une composante d’échauffement hystérétique dans les rangées centrales.
Aux épaules, la combinaison d’une bande presque continue et de coupures courtes concentre le travail sur les lèvres de chaque entaille. Lors d’accélérations et de freinages répétés, les deux côtés d’une même coupure ne parcourent pas exactement la même distance dans l’empreinte; un arrondi différencié de ces lèvres peut donc apparaître avant que le reste du bloc ne soit fortement marqué.
Le dessin se caractérise ainsi par une forte densité géométrique au centre, une répartition symétrique des zones porteuses et des épaules semi-continues. Son principal compromis réside entre la multiplicité des petites arêtes et la moindre continuité de gomme des rangées centrales, avec une sensibilité potentielle au suivi des stries longitudinales et aux micro-mouvements des éléments les plus étroits.