Le HH301 présente une rigidité de sculpture nettement graduée entre le centre et les côtés. Les sections centrales, étroites et fréquemment incisées, disposent de peu de matière pour s’opposer à une sollicitation tangentielle. Les lèvres de gomme peuvent donc se déplacer légèrement les unes par rapport aux autres dès la mise en charge. À l’inverse, les éléments latéraux possèdent une section porteuse plus importante: ils constituent des appuis plus fermes, même si leurs incisions transversales empêchent d’obtenir la rigidité d’une bande périphérique pleine.
Cette différence de raideur donne au profil un comportement progressif plutôt que très incisif. Lors d’une accélération, d’un freinage ou d’un changement de cap, les petits éléments centraux commencent par se déformer avant que les sections latérales plus volumineuses ne reprennent davantage d’effort. Cette transition peut rendre la montée en contrainte moins abrupte, mais elle introduit aussi un léger temps de mise en appui et limite la précision recherchée lors des sollicitations rapides sur chaussée sèche.
Les contours ondulés créent par ailleurs des étranglements successifs dans les rangées centrales. Ces variations de section empêchent chaque rangée de se comporter comme une bande uniforme: certaines portions se raidissent tandis que les passages plus minces concentrent davantage la flexion. Sous couple, cette alternance peut répartir la déformation en plusieurs petites zones plutôt qu’en une articulation unique. En contrepartie, les extrémités d’incision et les étranglements deviennent des points privilégiés d’échauffement et d’abrasion.
Les rangées étant relativement indépendantes transversalement, une sollicitation ne se diffuse pas immédiatement d’un côté à l’autre de l’empreinte. Cette séparation limite la propagation d’un mouvement local d’un pavé vers les rangées voisines, mais elle autorise aussi chaque file à travailler selon sa propre amplitude. Sur une utilisation prolongée, cette autonomie peut faire apparaître des différences d’usure longitudinales entre le centre très découpé et les éléments latéraux plus volumineux.
Enfin, la répétition assez régulière des pavés d’épaule appelle une surveillance de l’usure en talon-pointe. À chaque entrée puis sortie de l’empreinte, le bord avant et le bord arrière d’un même pavé ne subissent pas exactement le même cisaillement. Les fines incisions réduisent partiellement la longueur libre de chaque portion, mais multiplient aussi les arêtes susceptibles de s’arrondir. Un entretien régulier de la permutation des roues peut exploiter la géométrie miroir du dessin pour alterner le sens de sollicitation de ces arêtes.