La sculpture du Hankook W419 I*Pike RS est très fractionnée: aucune bande de gomme rectiligne ne traverse durablement la zone médiane, tandis que les pavés centraux allongés s’emboîtent visuellement par décalage. Cette architecture réduit la section de gomme capable de reprendre directement les efforts longitudinaux. Elle rend le sommet de la bande plus déformable qu’un dessin doté d’une nervure centrale pleine, avec pour contrepartie une réponse de direction moins tranchante sur chaussée sèche.
Les lamelles restent courtes par rapport aux dimensions des pavés. Elles divisent donc surtout leur surface sans les séparer complètement. Ce compromis conserve un noyau relativement solidaire dans chaque élément, mais la densité élevée d’incisions multiplie tout de même les microdéformations. Lors des accélérations, freinages et changements d’appui, cette mobilité peut produire une sensation de léger flottement et accroître les pertes d’énergie par hystérésis.
Les épaules emploient davantage de gomme par pavé que les rangées médianes. Elles constituent ainsi les appuis les plus robustes de la sculpture lorsque la charge se déplace vers l’extérieur en virage. Leurs encoches transversales interrompent toutefois cet appui: la montée en effort devrait être progressive plutôt que très incisive, avec une précision inférieure à celle d’une épaule semi-continue.
Le décalage des rangées obliques évite que tous les bords de pavés rencontrent le sol au même instant. Cette succession peut atténuer les chocs périodiques ressentis dans l’habitacle. En revanche, la répétition régulière des angles en V et des rainures en zigzag peut produire un bourdonnement caractéristique à certaines vitesses, surtout à mesure que les arêtes s’arrondissent.
Sur revêtement sec et sous forte sollicitation, les pavés centraux étroits peuvent basculer légèrement dans le sens de l’effort. Les bords qui entrent les premiers dans l’empreinte supportent alors davantage de contrainte, ce qui favorise une usure en talon-pointe propre aux rangées obliques très découpées. Les pavés d’épaule, plus larges, devraient mieux contenir ce phénomène, mais leurs nombreuses entailles empêchent d’obtenir la stabilité d’un bloc extérieur plein.