La géométrie du Firehawk SZ 90 crée une empreinte dont la rigidité varie sensiblement d’une rangée à l’autre. Les larges couloirs circonférentiels réduisent la surface porteuse au voisinage de leurs bords, alors que le secteur médian plus resserré conserve davantage de gomme autour de son axe. La charge peut donc se concentrer sur les pavés qui bordent les canaux les plus ouverts plutôt que se répartir uniformément entre toutes les rangées.
Plusieurs découpes courbes ou obliques forment des angles aigus dans les pavés intermédiaires. Ces extrémités disposent de moins de gomme pour les soutenir que les parties rectilignes des mêmes pavés. Elles sont donc plus sensibles à une pression locale élevée et à un arrondissement précoce de leurs arêtes. À mesure que ces pointes s’émoussent, la forme réelle de l’empreinte évolue davantage autour des découpes qu’au milieu des éléments de gomme.
Les lamelles courtes se terminant à l’intérieur des pavés agissent comme des articulations très localisées. Elles permettent à une petite portion de gomme de s’effacer devant une aspérité sans assouplir tout le pavé. En contrepartie, leur extrémité fermée concentre les déformations dans une zone réduite: sous sollicitations répétées, cette région peut chauffer et devenir un point d’amorce pour de fines déchirures de fatigue.
Le séquençage irrégulier des pavés intermédiaires et la diversité de leurs angles d’attaque évitent que toutes les arêtes rencontrent la chaussée au même rythme. Les impacts sont ainsi distribués entre plusieurs fréquences plutôt que regroupés dans une tonalité unique. Cette dispersion peut rendre le roulement moins sifflant, mais elle n’élimine pas l’énergie acoustique: sur un revêtement granuleux, elle peut prendre la forme d’un grondement plus large en fréquence.
La différence de découpage entre les deux épaules entraîne aussi des régimes de travail distincts. L’épaule comportant les séparations les plus longues autorise davantage de mouvement relatif entre éléments voisins; elle dissipe donc plus d’énergie et peut monter plus vite en température lors d’appuis prolongés. L’épaule aux encoches plus courtes conserve des zones porteuses moins mobiles, mais transmet davantage les petites irrégularités lorsque la chaussée est cassante. Avec le kilométrage, cette opposition peut produire un arrondissement des arêtes et un niveau d’usure différents entre les deux côtés de l’empreinte.
Enfin, les longs couloirs proches de l’axe de roulement peuvent interagir avec les joints longitudinaux ou les ornières étroites de la chaussée. L’absence d’un rail central massif limite la continuité de cet effet, mais les rangées allongées placées de part et d’autre peuvent encore générer de légères sollicitations de suivi de rainure sur les revêtements très marqués.